Un collectif de maquisard-e-s et de compagnies du Maquis (Les piqueteros, Les filles de la pluie, le Grain...) travaille actuellement sur le texte de Bertolt Brecht, Sainte-Jeanne de Abattoirs (ou Jeanne Dark).

SAINTE JEANNE DES ABATTOIRS de Bertolt Brecht
Production : Le Maquis

La Maison du Théâtre à Brest les 26 et 27 février 2020 à 20h

« N’accepte pas l’habituel comme chose naturelle car en ces temps de désordre, de confusion organisée, d’une humanité deshumanisée, rien en doit paraître naturel. Rien ne doit sembler impossible à changer. »

La pièce :
Pierpont Mauler est un patron de l’industrie de la viande en conserve. La concurrence dans le secteur est telle que des centaines d’ouvriers des abattoirs se retrouvent au chômage à cause de faillites. Jeanne Dark fait partie des "Chapeaux noirs", une organisation religieuse semblable à l’Armée du Salut. Jeanne Dark veut défendre la cause ouvrière, mais elle est rapidement désillusionnée et quitte les Chapeaux noirs qui sont indirectement complice des industriels. Elle se retrouve également au chômage. La pièce évoque les manifestations, la grève générale, et finalement la victoire des grands industriels qui s’en sortent le mieux tandis que la précarité ne cesse de grandir chez les ouvriers au chômage.

Le cri muet de Mère courage interprétée par Hélène Weigel

Sainte Jeanne des Abattoirs interroge les violences de classe et les luttes qui en découlent. Sont-elles toujours d’actualité ? Et si oui, quelles formes de résistance peuvent être construites aujourd’hui ?

« À l’idéalisme, il faut demander d’où il sort, au matérialisme, ce qui en sort ». B. Brecht

Un groupe d’une quinzaine de membres du collectif sur la proposition de Lionel Jaffrès, artiste du lieu, se constitue pour porter Sainte Jeanne des Abattoirs. La crise de l’industrie de la viande dans les années 30 à Chicago sert ainsi de point d’appui à une analyse de notre système économique contemporain et des formes de luttes ouvrières. La scénographie, immersive, permet d’impliquer physiquement les spectateurs à la façon d’un forum populaire.

« Nous, les ouvriers, nous savons maintenant une chose : si tout marche comme le veulent les industriels de la viande, une partie d’entre nous perdra sa place aux abattoirs et les autres ne retrouveront jamais leurs salaires d’avant. Dans une telle situation, il faut comprendre que nous n’avons plus d’autre recours que la violence. Les grandes entreprises de la ville nous ont promis de déclencher, après-demain au plus tard, la grève générale. Il faut diffuser tout de suite cette nouvelle aux quatre coins des abattoirs (...) »

Cette création a pour objectif de réinterroger certains fondamentaux, du processus historique au devenir des luttes sociales. Le Maquis s’inscrit dans une démarche d’analyse des enjeux politiques et économiques à travers ce texte complexe et poursuit son intention de partages artistiques et politiques avec le plus grand nombre possible.

Ainsi, la problématique des usines de conserves de viande dans les années 1930 à Chicago, sert de point d’appui à une analyse de notre système économique contemporain.

Le groupe, lors du travail de lecture de la pièce, s’est longuement interrogé sur les aspects socio-économiques :
- en quoi les mécanismes de spéculation et d’exploitation des années 30 ont encore lieu aujourd’hui, et sous quelle forme,
- est-ce que les luttes de classes sont toujours d’actualité et dans ce cas quelles formes prennent-elles
- quels types de lutte et de résistance peuvent avoir lieu aujourd’hui
- quels sont les instruments de domination utilisés par les classes dirigeantes aujourd’hui
- quelle forme les chapeaux noirs (groupe d’individus s’apparentant à l’armée du salut dans la pièce) peuvent prendre aujourd’hui
- quels sont les moyens de communication des différents groupes entre eux aujourd’hui…

« Ceux d’en bas sont maintenus en bas
Pour que ceux d’en haut restent en haut.
Et la bassesse de ceux d’en haut
Ne connaît pas de bornes.
Et même s’ils s’amendaient
Cela ne servirait à rien
Car le système qui les a faits
N’a pas son pareil :
Exploitation et désordre
Bestialité et déraison.
 »
Sainte Jeanne des abattoirs - Bertolt Brecht

MISE EN SCÈNE - Lionel Jaffrès
LUMIÈRE - Stéphane Leucart
AVEC Jean-Yves Pochart, Nadine Raoult, Nathalie Quillard, Tiphaine Lebrun, Armelle Gueguen, Fabien Castel, Jeremy Moreau, Pascal Roudaut, Lag, Jonathan Menet, Mickael Gac, Énora Georges, Jean-Luc Pitault, François Denéchère, Sonia Queguiner, Fabrice Cohignac
MUSIQUE - Fabrice Louisin (aide de Xavier Guillaumin)
IMAGES - Antonin Lebrun
REGARD - Ida Hertu
AIDE AU CHANT - Béa Roué
AIDE CHORÉGRAPHIQUE - Stéphanie Siou

PARTENAIRES - Le Maquis, le théâtre du Grain, Les Filles de la pluie, Les Piqueteros, compagnie Dérézo
SOUTIEN Ministère de la culture-DRAC Bretagne dans le cadre du Fonds d’encouragement aux initiatives artistiques et culturelles des amateurs, Ville de Brest, La Maison du Théâtre à Brest
REMERCIEMENTS Formes vives, Secours Populaire Français
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Contact : Le Maquis

Bertolt Brecht