De mars 2017 à décembre 2018, trois auteur-e-s francophones travaillent à l’écriture de trois textes complémentaires. Ce triptyque théâtral sera créé grâce à la contribution de scientifiques et d’artistes.

ÉCRITURE
Eva Bondon – Alexis Fichet – Odile Vansteenwinckel
COLLECTIF D’ÉCRITURE
Juan Baztan - Eva Bondon - Alexis Fichet - Lionel Jaffrès - Isabelle Hazaël - Odile Vansteenwinckel - Jean-Paul Vanderlinden
MISE EN SCÈNE
Lionel Jaffrès
PRODUCTION
Le théâtre du Grain – CEARC – Marine Sciences For Society

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« La plage danse. Littéralement. Elle danse. Ce n’est pas un léger nuage de sable, ce n’est pas un délicat tourbillon arraché à la dune. Tu vois ce genre de tornade ? On se promène sur la plage, et un peu du sable sec, en haut de la plage, un sable blanc, très fin, fiouoouu, tu vois, ça vient te fouetter le visage...
Cette fois ce n’est pas ça, c’est la plage toute entière qui danse et se soulève, comme une murmuration, la plage dans le ciel où chaque grain de sable est un oiseau inconscient, un mouvement collectif de milliards de milliards de grains de sable libérés de la pesanteur. Ce n’est pas une tornade, c’est une plage nomade, cosmique, un nuage de Magellan soufflé par-dessus la mer.
 »
Alexis Fichet - Extrait de "Grains"

TROIS AUTEUR-E-S

Les trois auteur-e-s ont été sélectionnés durant l’été 2017 parmi 80 candidatures :
Eva Bondon (Lyon)
Alexis Fichet (Rennes)
Odile Vansteenwinckel (Bruxelles)

Trois textes de fiction sont ainsi écrits en lien étroit avec le programme de recherche scientifique et de création artistique MESURER LA TAILLE DU MONDE. Ils s’inspirent des questions et des recherches d’un groupe transdisciplinaire rassemblé pour cette aventure. Chaque texte est signé par l’un-e des auteur-e-s.

Cette triple forme artistique mettra en jeu trois personnages de fiction, explorateurs, chacun cheminant à travers un voyage. Ces voyages confronteront ces personnages à des épreuves, à de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres. Entre voyage initiatique et road movie, ces aventuriers, antihéros ou candides, évolueront, pris dans un processus de changement.

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DEUX CHANTIERS D’ÉCRITURES

Pendant l’année 2018, deux temps de retraite de recherche, de création et de présentation a permis au collectif de création (metteur en scène, dramaturge, scientifiques et auteur.e.s) de cheminer ensemble et d’échanger sur la matière et la forme des textes :

Retraite n°1 : Le PAF (Performing Arts Forum) à St-Erme-Outre-et-Ramecourt (02) - Du 4 au 9 mars 2018
Retraite n°2 : Le théâtre de l’Unité à Audincourt (25) - Du 4 au 9 juin 2018

Les trois textes seront finalisés pour l’automne 2018.
Le spectacle, mis en scène par Lionel Jaffrès, sera présenté en 2020.

TROIS TEXTES

"Maison aux quatre vents suivi de" - Eva Bondon
Un personnage qui s’appelle Betty Brat. Elle décide de s’en aller en voyage. Partir. Elle n’a jamais rien vu d’autre que sa ville, ses rues, ses immeubles, ses PMU, ses squares, ses pigeons. Mais avant de partir, Betty écrit à tout le monde des lettres. Des lettres de colère. Mais pas que. Ce qu’elle a envie de dire.
Dans cette histoire, tout le monde fait ce qu’il a à faire.
 La question n’est pas de savoir qui peut faire plus ou mieux.
 Quelque part, ne pourrions-nous pas tous ? 
La question est de comprendre pourquoi ceux qui en font le moins sont aussi ceux qui peuvent le plus ?

"Grains" - Alexis Fichet
Cette maison où vit Loran, il l’appelle la cabane. D’autres l’appellent la ruine. Il y a quelques années, il y a très peu de temps, c’était la cabine des sauveteurs en mer. Agrippée aux rochers, juste au bord du sable, elle offrait une vue incomparable sur l’ensemble de la plage, les baigneurs, les canots de plastique, les véliplanchistes happés par des vents contraires. Peu à peu, la plage s’en est allée vers l’ouest, le sable a abandonné les rochers, la mer est venue remplacer toute cette matière qui était partie. La maison est restée quand le paysage a glissé. Les baigneurs ont suivi la plage, les sauveteurs ont suivi les baigneurs, ne reste que ce cube de béton ouvert aux quatre vents, portés par de grands poteaux gris, coulés de béton eux aussi. Vivre dans les ruines d’une société disparue, c’est ce qu’il fallait pour ce marginal qui s’est jeté lui-même de la société. Ici, il a l’impression de vivre dans le monde d’après. C’est un romantisme post-apocalyptique, un peu Walden, un peu Robinson.

"Initial Monde" - Odile Vansteenwinckel
Lui est l’arrière arrière arrière arrière petit fils de Charles Darwin. C’est lors d’un retour momentané à la maison familiale qu’il retrouve un journal du naturaliste. Charles était dans la même période d’âge que lui aujourd’hui. Il décide de s’accrocher à ça pour affronter ses propres questions liées à l’origine. La sienne d’abord en tant que fils de ce père énigmatique. Celle de son arrière arrière arrière arrière grand-père. Puis, pour tenter de remonter à une sorte d’origine de ce qui l’entoure, de son environnement direct. Comment l’appréhender ? On se sait rien dira-t-il. On ne peut rien savoir. Il veut reprendre l’exploration de son arrière arrière arrière arrière grand-père et découvrir un lieu qui ne serait pas atteint par l’époque contemporaine. Il veut se perdre et se retrouver. Il ne sait pas par où aller. Il se souvient dans l’environnement familial, d’une sorte de non dit autour de Charles Darwin, comme si on ne pouvait pas vraiment en parler. Il en viendra à se demander pourquoi.

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MISE EN SCÈNE - Lionel Jaffrès
Cabane, chambre ou île déserte, la scène accueille l’intime et la nudité, fragile. Elle ouvre vers un environnement qui ne juge pas, qui ne refuse pas et qui n’impose pas de conventions sociales. Cet espace circonscrit rentre en échos avec le Monde, s’explose dans l’immensité, est noyé par l’ouverture, par l’appel du large...
Les espaces publics surgissent sur le plateau comme des lanternes. Un bureau de l’agence pour l’emploi, un espace social, familial, le chaos de la ville apparaissent comme flous, comme un monde en passe d’être révolu ou en train de disparaître et dont il reste des vestiges.
L’inondation survient, à la fois destructrice et libératrice. La nature qui émancipe. L’anecdotique disparaît laissant place à la beauté du Monde, à l’universel, aux plus grandes échelles.

« Face à nos limites on peut se gonfler, se protéger, se mentir, s’affirmer ; ou alors on peut rester à nu le temps nécessaire pour que ces limites s’accordent progressivement avec la nouvelle configuration du réel qui nous entoure. Pour que ces nouveaux éléments de résonance, ces bruits et cette source de désordre, puissent devenir repères, appuis, parties intégrantes de notre démarche constructive, de notre élan vital. Rester fragile, calme et heureux. »
Juan Baztan, chercheur en sciences de l’environnement (CEARC et Marine Sciences For Society) associé au programme Mesurer la taille du Monde

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REPRÉSENTATIONS
Le spectacle comporte trois formes et trois écritures théâtrales complémentaires. Nous envisageons de présenter l’ensemble de cette trilogie courant 2020.

LECTURES
Durant la saison 2018/2019, les textes feront l’objet d’une série de lectures en lien avec des agoras, des temps forts organisés avec les auteur-e-s et les expositions proposées dans le cadre de MESURER LA TAILLE DU MONDE.
Cette période sera également dédiée au travail de production et réunira également les équipes artistiques pour la mise en scène de trois formes.

CONTACT / PRODUCTION
Production et recherche de partenaires en cours.
Alexandrine Dupont - Chargée de production production@theatredugrain.com
Lionel Jaffrès- Metteur en scène
lionel.jaffres@theatredugrain.com

« Ne pas se séparer du monde. On ne rate pas sa vie lorsqu’on la met dans la lumière. Tout mon effort, dans toutes les positions, les malheurs, les désillusions, c’est de retrouver les contacts. Et même dans cette tristesse en moi quel désir d’aimer et quelle ivresse à la seule vue d’une colline dans l’air du soir.
Contacts avec le vrai, la nature d’abord, et puis l’art de ceux qui ont compris, et mon art si j’en suis capable. Sinon, la lumière et l’eau et l’ivresse sont encore devant moi, et les lèvres humides du désir.
Désespoir souriant. Sans issue, mais exerçant sans cesse une domination qu’on sait vaine. L’essentiel : ne pas se perdre, et ne pas perdre ce qui, de soi, dort dans le monde.
 »
Albert Camus, Carnets.

« Et si la définition de l’Autre était la pré condition de la Séparation ? L’Autre, différent, qu’il relève du monde de la « nature » ou de la « culture », est-il sage de le rejeter, de le rendre invisible, de l’oublier, ne serait-ce que temporairement ? Et si l’invention de la catégorie « nature » rendait possible le rejet des autres « cultures » ? Et si tout cela tenait à notre capacité de fabriquer, de construire socialement, des murs ? »
Jean-Paul Vanderlinden, enseignant chercheur (CEARC) associé au programme Mesurer la taille du Monde

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[MARS 2018] RÉSIDENCE #1 - LE PAF

Ce premier chantier au PAF marque le début de l’écriture de la trilogie s’inspirant du programme de recherche scientifique et de création artistique Mesurer la taille du Monde.
Le PAF, Performing Arts Forum, est un lieu d’échange, de réflexion et de travail pour les professionnels et pré professionnels dans les champs des arts vivants, arts plastiques, musique, cinéma, littérature, nouveaux médias, théorie et production culturelle, qui désirent approfondir leurs recherches, analyser et définir leurs propres conditions de travail.

[JUIN 2018] RÉSIDENCE #2 - Le théâtre de l’Unité

L’équipe artistique et scientifique travaillant sur l’écriture de la trilogie théâtrale se retrouve pour la deuxième fois du 4 au 8 juin 2018 à Audincourt (25). Les sept membres sont accueillis par le théâtre de l’Unité.
Le Théâtre de l’Unité est une de compagnie pionnière et emblématique du théâtre de rue fondé par Jacques Livchine le 22 mars 1968.

Dossier de création à télécharger ici :
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