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PaleoENSO

19 juillet 2019

Fin août, Lionel Jaffrès participe à ce workshop sur le phénomène climatique El Nino réunissant des chercheurs venant du monde entier.

50 chercheuses et chercheurs en sciences venu.e.s du monde entier se réunissent du 25 au 30 août 2019 sur l’île de Belitung en Indonésie pour faire le point sur les avancées des connaissances sur le phénomène El Niño qui touche périodiquement les populations d’Amérique du sud, d’Asie et d’Australie.

Qu’est-ce que El Niño ?
Il s’agit d’un phénomène climatique à grande échelle qui prend Naissance dans le Pacifique équatorial. Il est associé à des changements de température de l’eau, des modifications météorologiques importantes : vents et précipitations. Ils se produisent de manière irrégulière tous les 2 à 7 ans et durent de 6 à 18 mois.
À l’origine du nom, des pécheurs péruviens ont pu constater aux alentours de Noël un réchauffement de l’eau et ont nommé cette observation El Niño, en référence à la naissance de Jésus.

En situation « normale », hors El Niño (et hors La Niña), les alizés, des vents réguliers, soufflent d’est en ouest, entraînent les eaux chaudes de surface vers l’ouest (de l’Amérique du sud vers l’Océanie). Cet état est associé à des remontées des eaux profondes, plus froides, le long des côtes du Pérou, sources de nutriments vers les eaux de surface et donc favorisant les activités de pêche. Lors des événements El Niño, l’arrivée des eaux chaudes dans cette zone ont un impact sur le régime des précipitations et entraîne des pluies dévastatrices. Au contraire, pendant une année La Niña, les eaux de surface sont plus froides que la normale et cet état est associé à des conditions anormalement sèches en Amérique du Sud.

Quelles conséquences ?
Pendant El Niño, on peut observer une augmentation de fréquence des tempêtes et ouragans en Polynésie française et une augmentation des précipitations sur les côtes péruviennes provoquant des inondations. De plus, les eaux de surface étant particulièrement chaudes sur les côtes sud-américaines, cela crée une diminution des populations de poissons.
À l’ouest, des conditions sèches se développent sur l’Indonésie et l’Australie. Cette situation provoque des sécheresses et a des impacts importants sur les cultures de riz, par exemple.

L’impact le plus notable de ce phénomène climatique est qu’il s’accompagne de variations des températures à l’échelle mondiale : les années les plus chaudes enregistrées depuis les dernières décennies sont des années El Niño.

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Comment mesurer pour comprendre ?
Les scientifiques présent.e.s lors de ce workshop étudient El Niño, chacun.e avec sa spécialité, son axe de recherche. Il est aujourd’hui difficile d’avoir une vision globale de ce phénomène de grande échelle. Tous travaillent à partir d’archives climatiques qui permettent d’établir des données sur le passé, et notamment sur la période géologique de l’holocène (les derniers 10000 ans). Les coraux, les foraminifères que l’on trouve dans les sédiments (plancton fossiles) ou les cernes d’arbre permettent de révéler des informations précieuses sur les variations passées d’El Niño et, donc, d’établir une meilleure compréhension sur le présent et le devenir.

Belitung du 25 au 30 août 2019 - Objectifs
50 chercheuses et chercheurs se réunissent donc en Indonésie, l’un des pays particulièrement impactés par le phénomène El Niño. L’île de Belitung est l’un des terrains de recherche de ces archives climatiques à travers la présence de coraux anciens. Le choix d’organiser ce workshop dans cette région a aussi l’intérêt de permettre à des équipes scientifiques de la région (Indonésie, Thaïlande, Malaisie) d’y participer.

Dans les années 90, alors qu’on suspectait une augmentation en intensité et en fréquence, les scientifiques se sont demandés s’il pouvait y avoir un lien avec le dérèglement climatique que l’on connaît actuellement.
Cette semaine aura pour objectif de mettre en commun toutes les données et analyses cumulés afin d’aller plus loin dans les éléments de compréhension et de pouvoir mieux prévoir les épisodes El Niño afin de mieux s’y préparer.

Deux organisatrices
Il est à noter que deux femmes sont à l’origine de ce workshop : Mary Elliott (LPG Nantes - France) et Yuda Cahyarini (LIPI Indonesia).

Partenaires
PAGES - Past Global Changes - http://pastglobalchanges.org
LPG - Laboratoire de Planétologie et de Géodynamique - https://lpg-umr6112.fr
LIPI - Lembaga Ilmu Pengetahuan Indonesia - http://lipi.go.id
IFI - Institut français Indonésien - https://www.ifi-id.com

Aide sur place : Go Belitung - http://www.gobelitung.com

Programme Mesurer la taille du Monde
Une équipe de recherche artistique et une autre de recherche scientifique tentent de travailler et d’agir au long cours dans un principe de transdisciplinarité́. Ainsi, le programme Mesurer la taille du Monde est mis en place sur la période 2017- 2021. Il rassemble plusieurs structures, chercheurs scientifiques et artistes. Dans nos démarches transdisciplinaires, il nous semble qu’il nous faut enrichir les regards et les points de vue en associant différentes manières de regarder le Monde et d’agir sur celui-ci.

La démarche de ce collectif interdisciplinaire et l’ensemble du programme Mesurer la taille du Monde s’appuie sur une question : Face à un système qui produit des accélérations, une croissance délétère et des dérèglements globaux dont nous sommes, pour la plupart, aujourd’hui conscient.e.s, quels choix pouvons-nous faire ? Quels engagements individuels et collectifs ?

Le programme est coordonné par trois structures :
Le CEARC - Culture Environnement Arctique Représentation Climat - http://www.cearc.uvsq.fr
Le Grain - Arts et Fabrique politique - http://www.theatredugrain.com
Marine Sciences For Society - http://www.marine-sciences-for-society.org

Ainsi, Lionel Jaffrès participe au workshop PaleoENSO en tant que nouvelle expérimentation de collaboration entre artistes et scientifiques. Dans sa démarche au long cours, il choisit ici d’observer et d’interroger les scientifiques et l’environnement indonésien avant de faire émerger un ou plusieurs formes artistiques.

Pour suivre :
https://paleoenso.sciencesconf.org
https://www.instagram.com/paleo.enso
https://twitter.com/EnsoPaleo