MESURER LA TAILLE DU MONDE (EN CRÉATION - 2020)

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NOUS NE DÉFENDONS PAS LA NATURE
NOUS SOMMES LA NATURE QUI SE DÉFEND*

(*) Slogan affiché en opposition à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

MESURER LA TAILLE DU MONDE - SPECTACLE EN TROIS CHAPITRES

« MESURER LA TAILLE DU MONDE » met en scène quatre personnages de fiction, explorateurs cheminant à travers un voyage, physique ou introspectif. Ces aventuriers vivent dans trois réalités mises en parallèle. Betty Brat dans sa maison aux quatre vents, Laurent - exilé dans une cabane en bord de plage, François - chercheur en sciences ou Lui - arrière arrière petit fils de Charles Darwin. Confrontés aux conservatismes familiaux, aux pouvoirs institutionnels, aux dominations, ils évoluent dans un processus de changement - individuel, collectif et politique. Ces voyages initiatiques nous emportent entre le réel et l’onirisme, entre l’inconscient et le conscient.

Cette triple écriture théâtrale propose une conversation symbolique entre trois subjectivités, trois postures, trois visions du Monde. Face à un système qui produit accélérations du temps et croissance économique délétère dont nous sommes, pour la plupart, aujourd’hui conscient.es, quels choix pouvons-nous faire ? Nous retirer de la société pour ne pas ajouter du désordre ? Devons-nous œuvrer à sa transformation ? Le pouvons-nous ? Comment ?

Entre l’idée d’une catastrophe inéluctable et l’espoir d’une résilience naît une tension dramaturgique qui nous pousse à l’élaboration de réponses individuelles et collectives.

TROIS AUTEUR.E.S

Trois auteur.e.s ; Alexis Fichet, Eva Bondon et Odile Vansteenwinckel ; ont écrit trois textes complémentaires, trois chapitres du spectacle Mesurer la taille du Monde. Ces textes ont été créés grâce à la contribution d’une équipe transdisciplinaire composée par des artistes et des scientifiques. Deux temps de retraite de recherche et de création a permis à ce collectif arts/sciences/politique de cheminer et d’échanger sur la matière et la forme des textes.

Le spectacle Mesurer la taille du Monde est en phase de création et sera présenté à partir de mars 2021.

“Je ne vous parle pas de sauver le Monde, je ne vous parle pas d’argent ni de budget, je ne vous parle pas d’employabilité, je vous parle de la merde qui s’accumule autour de nous et je vous dis que j’ai envie de prendre une pelle et de commencer un peu à déblayer moi aussi. C’est tout, juste déblayer un peu.”
Maisons aux quatre vents, Eva Bondon

Marche

ÉQUIPE ARTISTIQUE

Textes de Eva Bondon, Alexis Fichet et Odile Vansteenwinckel
Mise en scène de Lionel Jaffrès
Dramaturgie de Isabelle Hazaël
Regard scientifique de Juan Baztan, Jean-Paul Vanderlinden, Mary Elliot, Samuel Toucanne
Avec Hélène Barreau, Romain Brosseau, Arnold Mensah et Louise Morin
Création vidéo de Xavier Guillaumin et Loïc Le Cadre
Création lumière de Stéphane Leucart
Création musicale de Csaba Palotaï
Création sonore de Guillaume Tahon
Création et construction marionnettes de Antonin Lebrun

"Cela fait maintenant plusieurs jours. J’ai suivi les trajectoires interminables des fourmis, j’ai cheminé à travers le désert, comme dans un lieu vierge de présence, vierge ou pas, vierge de sons. Je suis devenu fourmi moi-même. Taille minuscule – efficacité maximale. La marche. Marche – marche. Rythme insoutenable. Puissance fourmi-fourmi.
J’ai emporté avec moi mon échelle de mesure : Taille-Temps-Espace. Une boussole. Ce qui reste, quand on tend à devenir rien. Quelques idées éparses. Peut-être même pas. Quand on reçoit l’ordre de ne plus dire d’où l’on vient. Quand on fond. Quand on devient UN avec le sable. Avec le Tout. Fourmi-fourmi. Lutter avec les grains de sable. Des panoplies.”

Initial Monde, Odile Vansteenwinckel

"Et si la définition de l’Autre était la pré condition de la Séparation ? L’Autre, différent, qu’il relève du monde de la « nature » ou de la « culture », est-il sage de le rejeter, de le rendre invisible, de l’oublier, ne serait-ce que temporairement ? Et si l’invention de la catégorie « nature » rendait possible le rejet des autres « cultures » ? Et si tout cela tenait à notre capacité de fabriquer, de construire socialement, des murs ?"
Jean-Paul Vanderlinden, enseignant chercheur

TROIS RÉCITS ENTREMÊLÉS POUR UNE FORME THÉÂTRALE

Des petites portes, passages d’un récit à l’autre, nous permettent d’articuler une mécanique plus large. Il s’agira d’ouvrir notre regard à une métaphore du Monde, métaphore nécessaire pour ne pas vulgariser-réduire le sens général de cette triple invitation à la complexité.

Ces trois récits nous permettent cependant d’accéder à des expériences concrètes et de ne pas s’immerger dans la seule théorie. Il s’agit bien de corps, d’empirisme et de vie réelle.

La scène porte trois espaces / trois révoltes / trois chemins :
- une île, marge mélancolique du Monde, ruine de béton posée sur le littoral.
- un bureau de l’agence pour l’emploi qui s’ouvre sur des songes.
- un espace familial clos et le fond de l’océan.

Une adresse commune :
Walden-Robinson, à gauche après la catastrophe, tout droit dans le mur.

Et le bonheur quand même.

Chantier d'écriture

MISE EN SCÈNE

Une fois quitté nos adaptations, ce qui est vain, atteignant une forme d’épure, que reste-t-il de nous ? Qu’est-ce qui demeure essentiel ?

Les acteurs peuvent endosser les costumes de personnages interchangeables qui ne font que prendre des rôles sociaux, et devenir à la fois figures, créatures, doyens de faculté, conseillers emploi… pour finalement parvenir à se débarrasser de tout artifice et de tout simulacre. Et, au final, incarner autre chose, dépasser le personnage.

“Face à nous une petite porte blanche
Une petite porte blanche juste un peu trop petite
juste un peu trop étroite
Il faudrait se rabaisser, se rabattre un peu pour passer
Et pourtant
Devons-nous la franchir ?
Aller au-delà ?
Jusqu’ici nous n’avions pas songé
À l’existence de cette petite porte“

Initial Monde, Odile Vansteenwinckel

SCÉNOGRAPHIE

La scénographie propose un espace commun aux trois fragments du spectacle invitant les spectateurs dans un lieu physique intime. Cabane, chambre ou île déserte, il accueille l’intime et la nudité, fragile. Il ouvre vers un environnement qui ne juge pas, qui ne refuse pas et qui n’impose pas de conventions sociales. Cet espace circonscrit rentre en échos avec le Monde, s’explose dans l’immensité, est noyé par l’ouverture, par l’appel du large…

Les espaces publics surgissent sur le plateau comme des lanternes. Un bureau de l’agence pour l’emploi, un espace social, familial, le chaos de la ville apparaissent comme flous, comme un monde en passe d’être révolu ou en train de disparaître et dont il reste des vestiges.

L’inondation survient, à la fois destructrice et libératrice. La nature qui émancipe. L’anecdotique disparaît laissant place à la beauté du Monde, à l’universel, aux plus grandes échelles.

"Face à nos limites on peut se gonfler, se protéger, se mentir, s’affirmer ; ou alors on peut rester à nu le temps nécessaire pour que ces limites s’accordent progressivement avec la nouvelle configuration du réel qui nous entoure. Pour que ces nouveaux éléments de résonance, ces bruits et cette source de désordre, puissent devenir repères, appuis, parties intégrantes de notre démarche constructive, de notre élan vital. Rester fragile, calme et heureux."
Juan Baztan – Chercheur en sciences de l’environnement

Ils remontent le temps

CRÉATION SONORE

Créer des connexions avec les sons du Monde. Mais aussi les bruits qui parasitent, empêchent qu’on y accède. Qui empêchent le silence. Pour, au final, mieux l’entendre.

CRÉATION IMAGES / VIDÉO

Comme des fenêtres ou hublots d’où peuvent surgir des images de l’inconscient, des profondeurs de l’océan, du ciel. Le grand s’invite dans le petit et inversement. Notre univers sort du huis clos vers l’horizon, le paysage, le réel complexe semblant irréel. Le vertical dans l’horizontal. L’horizontal dans le vertical. L’image permet le contrepoint, le symbolique, la profondeur du sens.
Et le non humain, les éléments, les matières peuvent apparaître.

CRÉATURES

Des monstres et personnages hantent nos imaginaires et résistent à la disparition. Mettre tout en lumière vient écraser nos constructions mentales de l’inconnu, du personnage terrifiant vivant dans l’ombre. La figure du monstre d’aujourd’hui s’inscrit dans une bifurcation. On passe du conte au coin de la cheminée à la fable marketing hollywoodienne fabriquée en matière plastique. La cheminée devient ringarde et poussiéreuse face à la promesse de l’évolution dans la course technologique et libérale.
Il s’agira d’une restauration du non humain imaginé et réel. Le Monde non anthropocentré pour reconnaître l’agentivité des objets et des matières.

“Imaginez la courbe de l’angoisse, d’un violet profond, et la courbe de la détente, d’un beau bleu turquoise.”
Grains, Alexis Fichet

Le moderne est déjà mort

CALENDRIER CRÉATION

Mai 2017 – Le collectif Inflexion devient le programme Mesurer la taille du Monde
Été 2017 – Choix des trois auteur.e.s spectacle Mesurer la taille du Monde et rencontres avec chacun.e (Paris et Bruxelles)
Mars 2018 – Chantier écriture spectacle Mesurer la taille du Monde - Performing Art Forum - St-Erme-Outre-et-Ramecourt (02)
Juin 2018 – Chantier écriture spectacle Mesurer la taille du Monde – Théâtre de l’Unité - Audincourt (25)
À partir de janvier 2019 – Production spectacle Mesurer la taille du Monde
Février 2019 – Chantier de dramaturgie spectacle Mesurer la taille du Monde - Le Maquis - Brest (29)
Mai 2019 – Chantier de dramaturgie spectacle Mesurer la taille du Monde - Le bout du plongeoir - Thorigné-Fouillard (35)
Décembre 2019 - Résidence de création spectacle Mesurer la taille du Monde - Les Fabriques - Nantes (44)
Janvier 2020 - Résidence de création spectacle Mesurer la taille du Monde - Chapelle Dérézo - Brest (29)
Décembre 2020/mars 2021 – Création spectacle Mesurer la taille du Monde
À partir de mars 2021 – Diffusion spectacle Mesurer la taille du Monde

PROCESSUS D’ÉCRITURE : CHANTIERS COLLECTIFS

Du 4 au 9 mars 2018, pour inaugurer ce travail d’écriture, un temps de retraite, de chantier d’écriture a été organisé au PAF (Performing Arts Forum) à St-Erme-Outre-et-Ramecourt (02).

Ce premier temps de travail a permis à l’équipe de création (metteur en scène, dramaturge, scientifiques et auteur.e.s) de se rencontrer, d’élaborer collectivement une matière commune, appui pour l’écriture des trois textes qui composeront le triptyque théâtral.

Ainsi, Eva Bondon, Alexis Fichet et Odile Vansteenwinckel, Isabelle Hazaël, Juan Baztan, Jean-Paul Vanderlinden et Lionel Jaffrès se sont réunis pendant une semaine afin de prendre le temps d’élaborer des objectifs communs. Suite à ce temps collectif, chaque auteur-e a disposé d’un mois d’écriture avant un deuxième temps collectif.

L’équipe s’est retrouvée du 4 au 9 juin 2018 à Audincourt (25) accueillie par le théâtre de l’Unité. Les trois auteur-e-s ont avancé sur l’écriture d’une première version des textes qui composeront le spectacle Mesurer la taille du Monde.
Alexis Fichet présente son texte "Grains", Eva Bondon "Maison aux quatre vents" et Odile Vansteenwinckel “Initial Monde”.
Cette semaine avait pour objectif de faire avancer collectivement chacun de ces écrits et de travailler à la cohérence de l’ensemble qui sera réuni au sein d’un même spectacle.
Suite à ces deux de résidences, durant l’été 2018, chaque auteur.e a travaillé à une première finalisation des textes. À partir de janvier 2019, nous entreprenons le travail de production et de création. Le groupe se réunira en février 2019 pour un troisième temps de travail autour de la dramaturgie du spectacle en trois chapitres.

Trois auteur.e.s

Dossier de création :
PDF - 3.3 Mo

Documents joints